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L'Art Bar Narbonne 07/04/07

Deux kids aux prénoms monosyllabiques laissent derrière eux Lézignan, leur lieu de résidence, espérant l'éventuel frisson électrique d'un samedi en ville. Piercings, tignasse aile de corbaque, T shirts frappés du pentagramme et sac à dos bourré de canettes, ils débarquent à l'Art Bar narbonnais, estaminet on ne peut plus exigu, pour découvrir un combo punk old school.

Hans, routard allemand aux poches trouées s' y trouve également. Recroquevillé sous la bordée décibellique, il en profite pour aérer son rat, lui offrant des vacances surprises sur les épaules des autres.

Une ribambelle de quadras biterrois s'est réunie par amitié, pour passer un bon moment et boire quelques verres en hurlant des refrains à l'unisson. Le long du comptoir qui occupe la moitié du local, ce sont deux à trois rangées d'habitués qui s'adossent et vocifèrent à l'attention du groupe, alors que les bières surfent de mains en mains.

Les vieux punks finissent toujours par payer de leur personne. Démarre alors un périlleux rodéo en espace confiné.
Les deux kids entrent en transe, s'agenouillent contre le baffle Marshall du guitariste en secouant leurs neurones déjà amoindris, galvanisant le vieux sanglier qui riffe et lacère l'atmosphère épaisse comme du manioc. Puis répondent à l'invitation du chanteur exsangue qui tend le micro pour " Je sauve le monde " et " Ne lâche rien ".
Calé contre l'unique retour, Hans semble tourner en vrille dans le carrelage. Des quatre coins du bar fusent encouragements et vannes alcoolisées. On distingue même des remerciements.

Car l'Art Bar est l'oasis rock narbonnaise, si petite soit elle, que Christelle et son mari drivent depuis un an. Ici, tout y est chaleureux, du fakir piercé au pochtron rougeâtre, du couple dandy and roll au biker célibataire. Les villes affamées n'ont point de complexe de supériorité, ce qui les pousse à réagir à l'électricité.
Olivier, bassiste du binôme Trebob, assure la sono et organise le concert par le biais de son association. Et ça booste. Ce soir, Stalingrad a joué dans la place. Set heureux, cela va sans dire. Le répertoire a même paru court.

Sur le trottoir, je devise avec les deux kids qui ont acheté " Loseland " et commentent les chansons. Ils veulent eux aussi fonder leur propre combo mais hésitent encore quant à leur orientation. Ce soir, ils ne rentreront pas à la maison. Ayant suffisamment de bières dans le sac pour supporter la nuit printanière, ils prolongeront l'aventure. Projettent même de nous retrouver à Bordeaux le 16 Juin. Dans leurs yeux, toute l'énergie et l'espoir du monde…

Voilà pourquoi, chers arbitres des élégances, voilà pourquoi…

 

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